Parti pris et la révolution tranquille

Ce texte de Charles Gagnon, militant bien connu durant les décennies 1960-70 et 80, a d’abord été présenté en 1984 à un comité de professeurs de l’UQAM, dans le cadre d’un projet de thèse de doctorat qu’il leur soumettait, dont le sujet général était la généalogie et l’analyse de ce qu’il appelait « La Nouvelle gauche québécoise des années 60 ». Cette thèse n’a jamais été complétée. Gagnon en a cependant par la suite transcrit des extraits, dont celui qui suit, dans une perspective de publication éventuelle de ses écrits marquants. Celle-ci a été faite par les Éditions Lux, en trois tomes, quelques années après sa mort. Le texte qui suit a donc été rendu public pour la première fois en 2011, dans le troisième de ces tomes, soit celui qui porte le titre « La crise de l’humanisme ». (suite…)

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Marx et le détour irlandais

En abordant la question nationale, on sait que nos « ancêtres », en commençant par Marx, ont mené de grands débats qui ont continué lors des grandes révolutions du 20ième siècle et au-delà. Au Québec, dans le tournant des années 1960, la gauche québécoise a adopté la perspective « indépendance-socialisme » (le tiret entre les deux mots indiquant qu’il s’agissait, dans cette optique, d’une seule et même lutte). (suite…)

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La libération nationale et la révolution soviétique

Eric Blanc, Avanti, 16 juin 2014

Une mise en perspective à partir des régions périphériques de l’empire tsariste nous oblige à repenser de nombreuses hypothèses largement répandues sur les révolutions de 1905 et 1917, ainsi que l’évolution des analyses marxistes sur la libération nationale, la lutte paysanne, la révolution permanente et l’émancipation des femmes. Cet article analyse les débats marxistes sur la question nationale jusqu’en 1914. J’y soutiens que la stratégie du marxisme anti-colonial qui s’est finalement imposée fut élaborée pour la première fois par les marxistes des nationalités périphériques de l’empire tsariste, et non par les bolcheviques.

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Anti-impérialisme et souveraineté populaire

Panagiotis Sotiris, extraits d’un texte paru dans Ruptures 25 janvier 2018

L’évolution récente de l’élection de Donald Trump au Brexit jusqu’à la tension croissante entre les États-Unis, la Russie et la Chine, se présentent comme des manifestations d’une vaste crise de la « mondialisation » et d’un tournant dans l’impérialisme moderne. Plusieurs parlent même de « fin de la mondialisation ». Par un autre chemin, on présente aussi ces changements comme un tournant vers un nationalisme exprimant une mentalité d’assiégés. Dans ce qui suit, je vais essayer de réfléchir sur ces questions, mais aussi de suggérer ce que ces changements impliquent en ce qui concerne la stratégie de la gauche radicale. J’insisterai en particulier sur la nécessité d’un nouvel anti-impérialisme fondé sur une révision des notions de peuple et de souveraineté populaire.

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Le peuple chez Marx, entre prolétariat et nation

Pourtant, si Marx se défie bien de toute conception organique du peuple, il reprend le terme à plusieurs occasions et, en particulier, pour penser les luttes nationales de son temps, lorsqu’elles visent à conquérir l’indépendance contre des puissances colonisatrices. Il l’utilise également pour désigner les spécificités nationales, qui caractérisent les rapports de force sociaux et politiques toujours singuliers et que, selon lui, il faut toujours analyser dans un tel cadre national. Enfin, le terme de peuple désigne un certain type d’alliance de classes dans le cadre de conflits sociaux et politiques de grande ampleur.

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