La question nationale dans l’histoire du Québec

Mythes et dangers de l’islamophobie

L’hostilité systématique à l’égard de l’islam est très anciennement ancrée dans la pensée occidentale. D’essence chrétienne, elle prend sa source dans l’esprit de croisade, fleurit pendant l’expansion coloniale et, après un temps de latence, reprend vigueur avec la « guerre contre le terrorisme ». Le mot « islamophobie » qui l’illustre a, quant à lui, une centaine d’années. Si désormais, au nom de la défense de la laïcité, certains intellectuels français très médiatiques ne craignent pas d’assumer la bêtise haineuse qu’il recouvre, d’autres, heureusement, s’emploient à la dénoncer.

Alain Ruscio, Orient XXl, 28 janvier 2016

 

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Parti pris et la révolution tranquille

Ce texte de Charles Gagnon, militant bien connu durant les décennies 1960-70 et 80, a d’abord été présenté en 1984 à un comité de professeurs de l’UQAM, dans le cadre d’un projet de thèse de doctorat qu’il leur soumettait, dont le sujet général était la généalogie et l’analyse de ce qu’il appelait « La Nouvelle gauche québécoise des années 60 ». Cette thèse n’a jamais été complétée. Gagnon en a cependant par la suite transcrit des extraits, dont celui qui suit, dans une perspective de publication éventuelle de ses écrits marquants. Celle-ci a été faite par les Éditions Lux, en trois tomes, quelques années après sa mort. Le texte qui suit a donc été rendu public pour la première fois en 2011, dans le troisième de ces tomes, soit celui qui porte le titre « La crise de l’humanisme ». (suite…)

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Le retour de la gauche et le piège de la souveraineté

Charles Gagnon, 13 décembre 1997

Le texte qui suit est une lettre que le journal Le Devoir a publié, le 13 décembre 1997, lettre lui ayant été envoyée par Charles Gagnon, alors relativement en retrait de l’action politique militante après qu’il eut été une figure importante de la gauche québécoise durant les décennies 1970 et 1980. Elle fait suite à la participation de Gagnon à une assemblée publique tenue quelques jours auparavant, à l’initiative de militantes et de militants dont plusieurs allaient, quelques mois plus tard, former le Rassemblement pour une alternative politique (RAP). Ce rassemblement allait lui-même fusionner, quelques années plus tard, avec Option Citoyenne, pour constituer ce qui est devenu depuis le parti politique Québec Solidaire. (suite…)

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 À la croisée des siècles

Extrait de l’ouvrage de Charles Gagnon (avec la contribution de Jonathan Durand Folco et Jeanne Reynolds), À la croisée des siècles. Réflexions sur la gauche québécoise, Montréal, éd. écosociété, 2015

Militant et intellectuel québécois, Charles Gagnon (1939-2005) a été un acteur important de la gauche québécoise de 1960 à 1980, d’abord comme prisonnier politique lié au Front de libération du Québec (FLQ), puis comme membre dirigeant de l’organisation marxiste-léniniste EN LUTTE ! Ses Écrits politiques sont parus en trois tomes chez Lux éditeur. Le texte ci-dessous est le chapitre 17, « Un espace politique fermé ». (suite…)

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Le PQ ne peut promouvoir les intérêts des travailleurs

CHARLES GAGNON, Le Devoir 5 janvier 1972

Charles Gagnon est à l’emploi du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal. Associé à Pierre Vallières au cours des longs procès qui entourèrent « l’affaire La Grenade », il commente dans cette libre opinion le choix que Vallières a annoncé en décembre dernier. D’accord avec Vallières sur la nécessité d’abandonner la violence felquiste, Gagnon explique pourquoi il ne saurait accepter l’option péquiste de l’auteur des Nègres blancs d’Amérique(suite…)

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Stanley Ryerson, le Parti communiste canadien et la question nationale

Extraits du chapitre de Robert Comeau, « Parti communiste canadien, Stanley Bréhaut Ryerson et la question nationale canadienne-française, 1935-1965« , in Stanley Ryerson, un intellectuel de combat, Éditions Vents d’ouest, 1992, également publié sur le site des classiques des sciences sociales,

Stanley Bréhaut Ryerson, qui est devenu le principal intellectuel communiste du Québec, avait adhéré à la section québécoise du Parti communiste du Canada (PCC) en 1934, avant d’en devenir le secrétaire l’année suivante. De 1935, date de la création d’un Parti communiste du Québec, à 1965, ses positions sur la question nationale ont constamment évolué [1]. Après un long cheminement, celui qui avait critiqué à fond les séparatistes de droite regroupés autour de Paul Bouchard et du journal La Nation à la fin des années 30, accordait son appui actif à la cause de l’indépendance du Québec et adhérait au Parti québécois créé en 1968. (suite…)

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Parti Pris et le marxisme au Québec

Nicole Laurin-Frenette, Extrait de “Genèse de la sociologie marxiste au Québec”. Sociologie et sociétés, vol. 37, no 2, automne 2005.

À partir des années 1960, les marxistes québécois francophones, de toutes tendances, vont débattre ces deux questions énoncées par Parti pris : la question théorique des relations entre les classes sociales et la nation, et la question politique du rapport entre la libération nationale et la libération sociale.

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Le projet du PQ : constituer un bloc social bourgeois

Au tournant des années 1970, les mouvements et les intellectuels de gauche tentent de clarifier leurs analyses sur le PQ alors que ce parti, élu en 1976, s’apprête à organiser la référendum de 1980 sur son projet de souveraineté-association. Pour éclairer ces débats, le sociologue Gilles Bourque fait une analyse décapante du processus par lequel un bloc social bourgeois, pr0-capitaliste, tente d’émerger derrière le projet de souveraineté-association.

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Le Parti socialiste du Québec et la question nationale

Dans les années 1960, le Québec était en mutation sous l’impact de la révolution passi-tranquille. Intellectuels, syndicalistes, militant-es chrétiens progressistes, journalistes, étudiant-es, cherchaient à accélérer la vague de changement. Et c’est dans ce bouillon d’idées qu’apparaît une tentative de mettre en place un parti socialiste, dans un Québec où le mot même de « socialisme » était regardé avec suspicion. Au début, ce PSQ espérait une grande convergence entre la gauche québécoise et la gauche canadienne qui prenait forme autour du NPD. Plus tard cependant, les désaccords sont apparus. Le NPD n’a pas accepté cette volonté d’émancipation nationale québécoise, même si, pour le PSQ, la perspective n’était pas la séparation du Québec, mais la refonte du Canada sous de nouvelles bases. Et c’est ainsi que le rendez-vous proposé par le PSQ pour réconcilier lutte nationale et justice sociale n’est pas arrivé. Pour raconter cette histoire, nous faisons appel aux voix de l’époque, aux militants du PSQ et aux jeunes intellectuels de la revue Parti pris, faisant en sorte que cela devienne intelligible pour ceux et celles qui ne sont pas des spécialistes de l’histoire ou de la gauche.

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