L’intersectionnalité : quelques questions

Samy Johsua, Possibles (ATTAC) 1er octobre 2019 *

Une anecdote personnelle pour commencer. Mes voisins (elle, franco-algérienne, lui franco-français, tous les deux adhérents de la CGT) nous invitent à la fête de mariage de son fils à elle (réussite brillante dans la préfectorale, la mariée est franco-française). Fête prévue sur le mode des traditions algériennes. Grande surprise, mon épouse et moi-même sommes les seuls « natifs » invités dans le voisinage. À la question « pourquoi ? », la réponse est : « on ne voulait pas de réflexions ». Sous-entendu, désobligeantes. Et plus précisément, racistes. (suite…)

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Transition à l’indépendance : ne pas mettre la charrue avant les boeufs !

 

 

Parmi les sujets importants à l’ordre du jour du prochain congrès de Québec solidaire, les 15, 16 et 17 novembre prochain, il y a celui concernant la transition à l’indépendance, concernant donc la façon dont QS anticipe le déroulement du scénario indépendance. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les commissions « souveraineté » et « politique » du parti, tout comme le « collectif Option nationale », semblent avoir décidé d’en finir avec cette question de manière bien expéditive, faisant l’impasse sur une série de problèmes et de questionnements majeurs. À avoir l’impression que certains veulent mettre la charrue avant les boeufs !

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Écosse : L’indépendance de se rapproche

PIKEN Mike, Presse toi à gauche, 1er octobre 2019

L’une des premières actions de Boris Johnson lorsqu’il est devenu Premier ministre a été de s’attribuer le titre de titre de « Ministre de l’Union » et de se rendre en Ecosse pour essayer de contrecarrer l’effondrement du vote en faveur des Conservateurs et d’empêcher l’indépendance.

La crise constitutionnelle qui a explosé avec le coup que constitue la suspension du Parlement et le déni du vote empêchant un Brexit sans accord ne se réduit pas à un affrontement entre le Parlement et l’Exécutif : c’est aussi une crise globale de légitimité de l’État au Royaume -Uni.

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Samir Amin : la souveraineté au service des peuples

Samir Amin, économiste égyptien et théoricien des relations de domination Nord-Sud, sort un nouveau livre :  « La souveraineté au service des peuples » (éditions CETIM).

L’objectif du livre est de remettre au centre du débat la question de la souveraineté, un concept majoritairement entendu dans sa dimension nationale-bourgeoise (la souveraineté nationale au service des intérêts économiques de la classe dominante) ou nationale-identitaire voir fasciste (la souveraineté nationale au service d’un groupe ethnique/national précis). (suite…)

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Marx et le détour irlandais

En abordant la question nationale, on sait que nos « ancêtres », en commençant par Marx, ont mené de grands débats qui ont continué lors des grandes révolutions du 20ième siècle et au-delà. Au Québec, dans le tournant des années 1960, la gauche québécoise a adopté la perspective « indépendance-socialisme » (le tiret entre les deux mots indiquant qu’il s’agissait, dans cette optique, d’une seule et même lutte). (suite…)

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Notes sur les contradictions du nationalisme contemporain

Jonathan Durant-Folco, Ekopolitica.info -12 février 2019

Le nationalisme n’est pas d’emblée démocratique, ni anti-démocratique, bien qu’il prenne aujourd’hui certaines formes franchement autoritaires.  À l’ère de la montée des droites autoritaires, il devient commun à gauche de rejeter le nationalisme en bloc, en l’associant immédiatement au conservatisme ou à l’extrême droite. Ce réflexe anti-nationaliste, qui cherche à se prémunir contre les dérives droitières, contribue à réduire le nationalisme à sa forme caricaturale. Chaque simplification nourrit son contraire, dans un double processus de guerre culturelle concernant la glorification ou la disqualification de l’identité nationale.

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 À la croisée des siècles

Extrait de l’ouvrage de Charles Gagnon (avec la contribution de Jonathan Durand Folco et Jeanne Reynolds), À la croisée des siècles. Réflexions sur la gauche québécoise, Montréal, éd. écosociété, 2015

Militant et intellectuel québécois, Charles Gagnon (1939-2005) a été un acteur important de la gauche québécoise de 1960 à 1980, d’abord comme prisonnier politique lié au Front de libération du Québec (FLQ), puis comme membre dirigeant de l’organisation marxiste-léniniste EN LUTTE ! Ses Écrits politiques sont parus en trois tomes chez Lux éditeur. Le texte ci-dessous est le chapitre 17, « Un espace politique fermé ». (suite…)

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Le PQ ne peut promouvoir les intérêts des travailleurs

CHARLES GAGNON, Le Devoir 5 janvier 1972

Charles Gagnon est à l’emploi du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal. Associé à Pierre Vallières au cours des longs procès qui entourèrent « l’affaire La Grenade », il commente dans cette libre opinion le choix que Vallières a annoncé en décembre dernier. D’accord avec Vallières sur la nécessité d’abandonner la violence felquiste, Gagnon explique pourquoi il ne saurait accepter l’option péquiste de l’auteur des Nègres blancs d’Amérique(suite…)

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La libération nationale et la révolution soviétique

Eric Blanc, Avanti, 16 juin 2014

Une mise en perspective à partir des régions périphériques de l’empire tsariste nous oblige à repenser de nombreuses hypothèses largement répandues sur les révolutions de 1905 et 1917, ainsi que l’évolution des analyses marxistes sur la libération nationale, la lutte paysanne, la révolution permanente et l’émancipation des femmes. Cet article analyse les débats marxistes sur la question nationale jusqu’en 1914. J’y soutiens que la stratégie du marxisme anti-colonial qui s’est finalement imposée fut élaborée pour la première fois par les marxistes des nationalités périphériques de l’empire tsariste, et non par les bolcheviques.

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L’économie politique du capitalisme canadien  

Le 150e anniversaire de la Confédération canadienne a été l’occasion pour nos élites de rabâcher le récit libéral vantant ce « beau et grand pays », prétendument caractérisé par un esprit de tolérance et d’ouverture. Loin de ces âneries, une autre histoire du Canada se dessine lorsqu’on s’intéresse à l’économie politique. Le Canada perd du coup ses habits de « plus beau pays au monde » pour retrouver, plus légitimement, ceux d’un État qui s’est construit selon les intérêts de sa classe dominante.

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