Mythes et dangers de l’islamophobie

L’hostilité systématique à l’égard de l’islam est très anciennement ancrée dans la pensée occidentale. D’essence chrétienne, elle prend sa source dans l’esprit de croisade, fleurit pendant l’expansion coloniale et, après un temps de latence, reprend vigueur avec la « guerre contre le terrorisme ». Le mot « islamophobie » qui l’illustre a, quant à lui, une centaine d’années. Si désormais, au nom de la défense de la laïcité, certains intellectuels français très médiatiques ne craignent pas d’assumer la bêtise haineuse qu’il recouvre, d’autres, heureusement, s’emploient à la dénoncer.

Alain Ruscio, Orient XXl, 28 janvier 2016

 

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La nation et la république : l’expérience française

Edouard Morena, Fondation Rosa Luxemburg, 24.10.2019

En France, l’idée de la « nation » est profondément liée à l’idée de la « république ». Être Français signifie être républicain. La notion de république est généralement et indifféremment associée à un système politique et à ses institutions. C’est à la fois un moment historique (la révolution de 1789), un ensemble d’idées (philosophie des Lumières, libéralisme politique, droits de l’homme, laïcité), des symboles (drapeau tricolore, fête de la Bastille, Marseillaise) et des valeurs universelles (liberté, égalité, fraternité). (suite…)

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L’État et la nation

Entretien avec Neil Davidson, Période

Tandis que le capital s’organise plus que jamais à l’échelle internationale, la fragmentation territoriale et la référence à la nation s’imposent à nouveau dans les débats académiques et militants. Dans ce contexte, Neil Davidson revisite la pensée marxiste à propos des États-nations et critique le courant wéberien qui domine ce champ. Cette approche lui permet de sortir de la confusion conceptuelle actuelle régnant autour des dangers et possibilités de l’État-nation et de fournir par conséquent une boussole qui dépasse la séparation entre politique nationale et internationale au profit d’une analyse de classe. Il en résulte un cadre théorique renouvelé en rupture à la fois avec l’internationalisme abstrait et le nationalisme des conceptions réformistes d’une partie du mouvement ouvrier.

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Mondialisation et État transnational

William Robinson, Période

 

Le plus souvent, la mondialisation est présentée comme un processus qui se joue indépendamment voire contre les nations. Dans cet article classique, William Robinson remet en cause ce diagnostic, qui repose sur une séparation entre l’État et le marché ou entre le national et le mondial. Il propose à l’inverse de reconstruire une théorie marxiste du rapport de l’État à la mondialisation capitaliste. Il émet ainsi l’hypothèse de la formation d’un État transnational dans le cadre de la restructuration néolibérale du capitalisme initiée dans les années 1970. L’État transnational est l’institution d’une nouvelle classe capitaliste transnationale, qui reconfigure le rapport capital-travail à l’échelle mondiale. Loin de disparaître, les États nationaux se voient intégrés à cet appareil étatique émergent qui dessine l’horizon des luttes émancipatrices contemporaines.

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Du Parti de la démocratie socialiste  à Québec solidaire : 1995-2010

Il y a seize ans, à l’hiver 1995, naissait un nouveau parti de gauche socialiste et indépendantiste sur la scène politique québécoise. Ce parti qui aura pour nom le Parti de la démocratie socialiste (PDS) remplaça le Nouveau Parti démocratique du Québec. Les membres du NPD-Québec, sa chef Jocelyne Dupuis et son président Paul Rose avaient décidé de modifier le nom du parti dans le but de se démarquer du Nouveau Parti démocratique du Canada jugé trop fédéraliste. Résolument indépendantiste, Paul Rose devient donc le président du PDS en janvier 1995.

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Parti pris et la révolution tranquille

Ce texte de Charles Gagnon, militant bien connu durant les décennies 1960-70 et 80, a d’abord été présenté en 1984 à un comité de professeurs de l’UQAM, dans le cadre d’un projet de thèse de doctorat qu’il leur soumettait, dont le sujet général était la généalogie et l’analyse de ce qu’il appelait « La Nouvelle gauche québécoise des années 60 ». Cette thèse n’a jamais été complétée. Gagnon en a cependant par la suite transcrit des extraits, dont celui qui suit, dans une perspective de publication éventuelle de ses écrits marquants. Celle-ci a été faite par les Éditions Lux, en trois tomes, quelques années après sa mort. Le texte qui suit a donc été rendu public pour la première fois en 2011, dans le troisième de ces tomes, soit celui qui porte le titre « La crise de l’humanisme ». (suite…)

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