La libération nationale et la révolution soviétique

Eric Blanc, Avanti, 16 juin 2014

Une mise en perspective à partir des régions périphériques de l’empire tsariste nous oblige à repenser de nombreuses hypothèses largement répandues sur les révolutions de 1905 et 1917, ainsi que l’évolution des analyses marxistes sur la libération nationale, la lutte paysanne, la révolution permanente et l’émancipation des femmes. Cet article analyse les débats marxistes sur la question nationale jusqu’en 1914. J’y soutiens que la stratégie du marxisme anti-colonial qui s’est finalement imposée fut élaborée pour la première fois par les marxistes des nationalités périphériques de l’empire tsariste, et non par les bolcheviques.

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L’économie politique du capitalisme canadien  

Le 150e anniversaire de la Confédération canadienne a été l’occasion pour nos élites de rabâcher le récit libéral vantant ce « beau et grand pays », prétendument caractérisé par un esprit de tolérance et d’ouverture. Loin de ces âneries, une autre histoire du Canada se dessine lorsqu’on s’intéresse à l’économie politique. Le Canada perd du coup ses habits de « plus beau pays au monde » pour retrouver, plus légitimement, ceux d’un État qui s’est construit selon les intérêts de sa classe dominante.

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Stanley Ryerson, le Parti communiste canadien et la question nationale

Extraits du chapitre de Robert Comeau, « Parti communiste canadien, Stanley Bréhaut Ryerson et la question nationale canadienne-française, 1935-1965« , in Stanley Ryerson, un intellectuel de combat, Éditions Vents d’ouest, 1992, également publié sur le site des classiques des sciences sociales,

Stanley Bréhaut Ryerson, qui est devenu le principal intellectuel communiste du Québec, avait adhéré à la section québécoise du Parti communiste du Canada (PCC) en 1934, avant d’en devenir le secrétaire l’année suivante. De 1935, date de la création d’un Parti communiste du Québec, à 1965, ses positions sur la question nationale ont constamment évolué [1]. Après un long cheminement, celui qui avait critiqué à fond les séparatistes de droite regroupés autour de Paul Bouchard et du journal La Nation à la fin des années 30, accordait son appui actif à la cause de l’indépendance du Québec et adhérait au Parti québécois créé en 1968. (suite…)

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La relance du Parti québécois ou l’impasse en perspective

Le recul du Parti québécois PQ aux dernières élections a été majeur. Au lendemain du 1er octobre, il s’est retrouvé avec 9 député-e-s, suite à la démission de Catherine Fournier. Ce recul s’inscrivait dans le cadre d’un long déclin amorcé depuis la défaite au référendum de 1995. Près d’un an après cette défaite historique, le 4 septembre dernier, le Parti québécois dévoilait sa proposition principale, un chétif texte de 3 pages, après prétend-on une longue et profonde consultation.

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Écosse : la gauche et l’indépendance

La crise constitutionnelle qui a éclaté à la suite du coup d’État qui a prorogé le Parlement et ignoré la législation interdisant le No Deal Brexit de l’UE ne concerne pas seulement « le parlement par rapport à l’exécutif ». C’est aussi une crise de légitimité pour l’ensemble du Royaume-Uni.

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La gauche canadienne doit appuyer l’indépendance du Québec

La question nationale québécoise joue un rôle clé dans le déroulement de la lutte de classes à l’intérieur de l’état canadien. Loin d’être assimilés dans un « melting pot » multicultural canadien, les Québécois ont non seulement survécu comme un peuple mais ont réussi à s’affirmer et se redéfinir comme une nation, une entité géopolitique avec son propre territoire, culture, langue et conscience nationale, dans laquelle la lutte de classes a une configuration et une dynamique uniques dans l’état canadien. (suite…)

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Le nouveau nationalisme

Qui saurait dire si c’est l’homme lui-même qui parle ou simplement un brillant calcul politique ? Le projet nationaliste de François Legault se conjugue désormais en trois volets : laïcité, langue et bientôt culture. On attendait le cofondateur d’Air Transat sur le terrain de l’économie et des « vraies affaires », le voici en patriote born again. Bien sûr, la fierté d’appartenance de M. Legault n’a de surprise pour personne. Mais qui aurait cru que celui qui a tourné le dos à la souveraineté pour s’occuper de choses plus immédiates, disons, accoucherait, une fois élu, d’un véritable projet de société ? (suite…)

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Nègres blancs d’Amérique : énoncer le traumatisme

Paru en 1968, le livre qu’on ne présente plus de Pierre Vallières est sur le plan de la culture populaire, un incontournable, si l’on veut comprendre la genèse du Québec moderne et de sa fragilité. Il n’a pas la qualité historiographique et la profondeur intellectuelle de l’œuvre d’un Fernand Dumont, mais au même titre que le poème Speak White de Michèle Lalonde, le concept métaphorique de nègres blancs d’Amérique, transposé directement des luttes anticoloniales et étatsuniennes pour les droits civiques, a permis au peuple québécois de nommer et s’approprier la lutte contre la domination anglo-canadienne dont l’Église catholique québécoise était la complice et la garante. Cette domination a été véritablement traumatisante. Son énonciation émancipatrice.

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Les formes élémentaires de l’identité : un nationalisme civique est-il toujours possible ?

« Ce qui est meurtrier, c’est de définir son identité contre l’autre » (Amin Maalouf) Je ne crois pas être nationaliste. Je ne fête ni le 1er, ni le 14 juillet, ni la St-Jean. Mais j’exulte quand les Bleus gagnent la coupe du Monde de football et quand les États-Unis sont battus par le Canada au hockey. Un peu chauvin alors ? En même temps, le sport n’est-il pas un excellent remède à la guerre ? Alors, devrions-nous avoir une équipe québécoise de soccer sur les modèles écossais, irlandais ou gallois plutôt que d’affirmer notre Nation à l’aide d’une chasse aux sorcières musulmanes ? Si le chauvinisme sportif se pratique avec fair play, à l’inverse, les exemples historiques de nationalisme transmué en bête immonde ne manquent pas.

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Nationalisme et souveraineté dans les luttes autochtones contemporaines

Au Canada, les termes Indiens et premières nations, tout comme sauvages, autochtones et indigènes, sont des désignations politiques à usage variable, dont les emplois se créent et se règlent au sein de la relation coloniale entre l’État et les peuples autochtones. Il est alors question d’assignation, d’appropriation, de contestation, de reconnaissance, de négociation, d’affirmation. Comme le lexique des rapports coloniaux est symptomatique de ces relations elles-mêmes, il faut relire son utilisation chez les peuples autochtones à partir de cette situation historique politiquement équivoque.

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