Québec solidaire : le parti des enfants de la loi 101

Benoît Renaud, Le blogueur solitaire, février 16, 2019

Une des critiques les plus courantes de Québec solidaire (QS) consiste à associer ce parti au multiculturalisme canadien. Les débats actuels au sein du parti sur la laïcité et les signes religieux ont donné aux commentateurs une nouvelle occasion d’entonner en chœur ce lieu commun. Il se trouve que, lors de la dernière élection générale, QS est arrivé premier parmi les moins de 35 ans. Qu’est-ce qui caractérise cette tranche de la population ? Notamment le fait d’avoir fréquenté les écoles francophones et multiethnique créées par la Charte de la langue française (loi 101).

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Socialisme et indépendance : un mot d’ordre toujours actuel ?

Jacques Pelletier, À Bâbord, janv. 2018

Formulée par la revue Parti pris, cette visée stratégique a inspiré l’action de plusieurs regroupements de militant·e·s au cours des années 1960 et 1970. Éclipsée par le Parti québécois (PQ), qui troque le socialisme pour la social-démocratie et l’indépendance pour la souveraineté-association, cette perspective serait-elle en train de retrouver du galon dans la nouvelle gauche apparue au tournant du siècle ?

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Québec solidaire et l’indépendance du Québec

Denis Monière, extraits d’un texte paru dans l’Action nationale, septembre 2017

Denis Monière, professeur émérite de l’Université de Montréal, militant de plusieurs partis nationalistes depuis les années 1980, candidat d’Option nationale en 2012, critique QS pour ce qu’il considère son ambiguïté sur la question nationale. Ce point de vue est depuis repris par la revue Action nationale de même que la publication L’Aut’Journal.

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Socialistes et questions nationales (2)

Deuxième partie

Révolutions et résistances (1913-1933)

Au début du vingtième siècle, c’est l’irruption des peuples. La révolution soviétique brise le carcan sur les nations de l’Empire tsariste. Ailleurs en Europe, mais aussi et de plus en plus en Asie, l’étendard des luttes de libération nationale prend de l’ampleur. Les révolutionnaires qui fondent la Troisième Internationale, à l’appel de Lénine et de Trotski, sont interpellés. Un débat de fond met aux prises ceux qui voient dans la lutte contre l’oppression nationale un levier pour le projet socialiste,  et ceux et celles qui proposent de s’en tenir aux luttes de classes. La victoire du premier groupe, notamment sous l’influence de Lénine, change le cours de l’histoire.

Compilation de textes pertinents aux questions nationales présenté par Pierre Beaudet

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Un pays en commun

Eric Martin est professeur au département de philosophie du Collège Édouard-Montpetit, à Longueil, en banlieue sud de Montréal. Il a coécrit et codirigé, avec Maxime Ouellet, Université inc. Des mythes sur la hausse des frais de scolarité et l’économie du savoir (Lux, 2011) et La tyrannie de la valeur. Débats pour le renouvellement de la théorie critique (Écosociété, 2014). Dans Un pays en commun (Écosociété, 2017), Eric Martin réactualise le slogan des années 1960-1970 «Socialisme et indépendance». Socialisme au sens de démocratisation de l’économie, mais aussi d’une société orientée vers la justice et le bien commun. Indépendance parce qu’aucun projet à visée émancipatrice ne peut être mis en place tant que subsiste le carcan colonial et impérial du fédéralisme canadien sur les Québécois.es et les Autochtones. Un pays en commun propose de renouer avec un «socialisme d’ici», pour sortir du dialogue de sourds entre inclusifs et nationalistes conservateurs et enraciner au Québec un véritable projet de souveraineté républicain et écosocialiste. Nous vous proposons ici des extraits choisis de la troisième partie du livre : « Constituer une république écosocialiste indépendante au Québec et réapprivoiser l’indépendance décolonisatrice ».

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Indépendance contre nationalisme

Un vieux couple se brise, celui de l’indépendance et du nationalisme. La fin de la relation s’enfonce dans une de ces longues chicanes où l’on ne reconnaît plus qui a dit quoi, qui défend quoi et où l’acrimonie prend le dessus sur la compréhension et l’écoute. Je vais essayer dans ce texte de proposer une interprétation de cette déréliction, de ce détricotage. Non pour le regretter, mais pour l’assumer. Car l’argument majeur ici est simple : il est parfois bon d’en finir, l’indépendance et le nationalisme s’empoisonnent mutuellement. Le but n’est pas de tracer l’histoire complète de cette idylle, de sa gloire à sa chute, mais de présenter une structure logique qui nous permette de comprendre ce qui se passe et, surtout, d’agir.

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La lutte pour la transformation sociale, la souveraineté et la démocratie

Pour réussir, nous devons comprendre les dynamiques différentes afin de conjuguer nos forces provenant de la lutte de libération nationale au Québec, des luttes pour la justice sociale et surtout présentement pour l’environnement dans le reste du Canada et au Québec, et la lutte de résistance et de conservation du territoire de la part des populations autochtones.

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Québec Solidaire, l’indépendance, l’immigration

Entretien avec Rosa Pires (décembre 2018)

Rosa s’est impliquée dans QS depuis plusieurs années à Verdun, puis dans la circonscription de Maurice-Richard. Elle a été longtemps militante du mouvement communautaire et aujourd’hui, elle est chargé de cours à l’université Concordia. Elle n’occupe aucune responsabilité dans QS maintenant, elle se dit simplement « citoyenne engagée ». (suite…)

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L’indépendance ne sera jamais tranquille

Après l’élection du PQ en novembre 1976, René Lévesque se rendait à Washington pour, disait-il, « rassurer les États-Unis ». Le gouvernement du PQ n’était pas et ne serait jamais socialiste. Un Québec indépendant s’inscrirait tout à fait normalement dans le contexte géopolitique et économique nord-américain. À la surprise de Lévesque et de ses principaux conseillers cependant, le message fut assez mal reçu. Les faiseurs d’opinion comme le Washington Post et le New York Times affirmèrent que peu de monde avait été impressionné et qu’une province, francophone ou pas, n’avait pas de « vraie » raison de se séparer de cette si belle démocratie canadienne. (suite…)

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