L’Écosse, l’État et la nation

Entretien avec Neil Davidson, Période, 2015

Tandis que le capital s’organise plus que jamais à l’échelle internationale, la fragmentation territoriale et la référence à la nation s’imposent à nouveau dans les débats académiques et militants. Dans ce contexte, Neil Davidson revisite la pensée marxiste à propos des États-nations et critique le courant wéberien qui domine ce champ. Cette approche lui permet de sortir de la confusion conceptuelle actuelle régnant autour des dangers et possibilités de l’État-nation et de fournir par conséquent une boussole qui dépasse la séparation entre politique nationale et internationale au profit d’une analyse de classe. Il en résulte un cadre théorique renouvelé en rupture à la fois avec l’internationalisme abstrait et le nationalisme des conceptions réformistes d’une partie du mouvement ouvrier. (suite…)

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Le Parti socialiste du Québec et la question nationale

Dans les années 1960, le Québec était en mutation sous l’impact de la révolution passi-tranquille. Intellectuels, syndicalistes, militant-es chrétiens progressistes, journalistes, étudiant-es, cherchaient à accélérer la vague de changement. Et c’est dans ce bouillon d’idées qu’apparaît une tentative de mettre en place un parti socialiste, dans un Québec où le mot même de « socialisme » était regardé avec suspicion. Au début, ce PSQ espérait une grande convergence entre la gauche québécoise et la gauche canadienne qui prenait forme autour du NPD. Plus tard cependant, les désaccords sont apparus. Le NPD n’a pas accepté cette volonté d’émancipation nationale québécoise, même si, pour le PSQ, la perspective n’était pas la séparation du Québec, mais la refonte du Canada sous de nouvelles bases. Et c’est ainsi que le rendez-vous proposé par le PSQ pour réconcilier lutte nationale et justice sociale n’est pas arrivé. Pour raconter cette histoire, nous faisons appel aux voix de l’époque, aux militants du PSQ et aux jeunes intellectuels de la revue Parti pris, faisant en sorte que cela devienne intelligible pour ceux et celles qui ne sont pas des spécialistes de l’histoire ou de la gauche.

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1837-38 : le « moment républicain »

Pierre Beaudet

Au tournant du dix-neuvième siècle quelques décennies après la conquête britannique, le Bas-Canada (Québec) et de façon moins intense le Haut-Canada (ce qui est maintenant l’Ontario) sont traversés par un puissant mouvement revendicateur. Au Québec, une alliance de classe inédite se met en place entre la paysannerie désappropriée, la petite bourgeoisie non-cléricale et les artisans et ouvriers de l’industrie naissante. Dès les années 1810, cette alliance réclame le gouvernement « responsable ». L’Assemblée élue a des pouvoirs très limités devant un Conseil législatif nommé par Londres et qui dispose d’un droit de veto sur les résolutions de l’Assemblée. Par ailleurs, le pouvoir colonial dispose de ressources totalement indépendantes dont il ne rend même pas compte ni à l’Assemblée ni au Conseil. (suite…)

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